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Archive for février 2011

Le Fatah refuse l’offre de réconciliation avec le Hamas de Fayyad

27 février 2011 Laisser un commentaire

Mon post précédent mettait en avant les raisons et les avantages d’une réconciliation entre le Hamas et le Fatah sous l’égide de l’actuel premier ministre palestinien Salam Fayyad.

J’ai du voir juste car le Fatah vient de refuser en bloc cette tentative « déraisonnable ». Et le porte parole du conseil législatif palestinien, Hasan Khraisheh vient de demander de boycotter un tel gouvernement d’union nationale qui serait « illégitime ».

Deux états palestiniens (Jordanie et Gaza) ne suffisent apparemment pas, il faut aussi que la Judée-Samarie en forme un troisième d’après le Fatah et l’OLP.

 

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Que cache la volonté de Fayyad de former un gouvernement avec le Hamas ?

24 février 2011 Laisser un commentaire

Alors que les évènements en Libye (2000 morts aux dernières nouvelles) laisse la majorité des pays pantois, Fayyad surprend en annonçant la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec le Hamas. Ce dernier a démentit à demi-mot mais cette tentative pourra s’avérer etre la bonne.

Salam Fayyad

Salam Fayyad

Ce gouvernement serait dirigé par Fayyad, l’actuel premier ministre de l’Autorité Palestinienne, un technocrate jamais élu, formé aux Etats-Unis, apprécié des occidentaux mais peu populaire parmi les arabes. Il ne serait que temporaire dans l’attente de la tenue d’élections nationales (qui auraient du avoir lieu le mois dernier).

 

La prise de controle par la force de la bande de Gaza par le Hamas, son refus de reconnaitre Israel, de renoncer à la violence, et de participer à toute élection organisée par Abbas a pour l’instant bloquer toute tentative de réconciliation entre les deux grands partis palestiniens. La seule condition demandée par Fayyad serait que le Hamas cesse toute attaque contre Israel (notamment les tirs de roquettes et mortiers). En échange, le mouvement islamique pourrait garder le controle de Gaza jusqu’au résultat des élections. Pour marquer l’évènement des terroristes gazaouis n’ont pas manqué de tirer le premier Katyusha sur la plus grande ville du Negev, Be’er Sheba.

Fayyad, comme le reste du Fatah, ne peut plus compter sur l’Egypte qui a tenté jusqu’à aujourd’hui de jouer le médiateur entre Fatah et Hamas, a peur que les Frères Musulmans ne prennent le controle de l’Egypte ou plus vraisemblablement, occupe des positions influentes dans le nouveau régime. Gaza serait alors définitivement perdue aux yeux du Fatah et rien n’empecherait les islamistes de progresser aux prochaines élections qu’Abbas voulait organiser en septembre dans les zones A et B de Judée-Samarie.

Le ridicule qu’a subit l’AP avec la divulgation de nombreux documents diplomatiques avait également terni une image qu’un gouvernement neuf pourrait redorer.

Enfin, Fayyad met depuis longtemps en avant son pragmatisme et une approche « de bas en haut », c’est-à-dire la construction d’institutions et d’infrastructure locales nécessaires à un état pour fonctionner. Il pourrait donc s’agir d’une manoeuvre pour l’installer au pouvoir et y rester !

Les conséquences pour Israel sont plutot positives à mon sens :

  • légitimité retrouvée pour l’AP car depuis plusieurs semaines, Abbas est un leader dont le mandat a expiré ;
  • clarification de la situation actuelle où l’AP n’avait purement et simplement pas le controle sur plus d’1/3 de sa population ;
  • la présence d’élements extremistes (Hamas) au sein meme du gouvernement palestinien appuyera Israel quand elle déclarera ne pas avoir d’interlocuteurs crédibles et/ou conciliants.
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‘Israel Apartheid week’ va bientot débuter

22 février 2011 Laisser un commentaire

.. alors voici de quoi les énerver un peu !

Salim Joubran, arabe israélien

Credits to Elder of Zyion.

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Excellente croissance économique israélienne

22 février 2011 Laisser un commentaire

La croissance du PIB en Israël a été de 7.8% au quatrième trimestre, portant son évolution pour 2010 à 4.5%.

C’est largement plus que la moyenne de l’OCDE à 2.5% et meme plus que la prévision du FMI qui plafonnait à 4%. Cette dynamique est à mettre en avant alors que l’économie de l’Etat Juif avait été très peu affectée par la crise financière de 2008-09. Pour 2011, le FMI table sur 3.5% avec une inflation en légère baisse à 2.6%.

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Réflexion sur le changement de régime en Egypte

15 février 2011 Laisser un commentaire

C’est en entendant à la radio que Mubarak était apparemment en mauvaise santé (le bougre a 82 ans) que j’ai fait le rapprochement avec l’Égypte antique.

A l’époque des pharaons, les périodes les plus sensibles étaient juste avant et juste après la mort du roi. C’est à ce moment là que les opposants se manifestaient, que les minorités tentaient la sécession, que ceux qui ne font pas partie de la « cour » du roi profitaient d’une période de faiblesse pour se montrer. Aujourd’hui rien à changer, puisqu’il a fallu attendre que le « roi » Mubarak soit vieux et faible pour voir les opposants oser manifester dans la rue.

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Commentaire juif hilarant sur le soulèvement egyptien

13 février 2011 Laisser un commentaire

Source : Cross-Currents

Dear Egyptian rioters, please don’t damage the pyramids. We will not rebuild. Thank you.

Cette phrase humoristique aurait été vue sur le page Facebook d’un israélien.

J’en profite pour préciser que les juifs n’ont en réalité pas construit de pyramides car ces dernières ont été érigées avant meme l’époque d’Avraham. Les Bnei Yisrael habitaient dans la région de Goshen et ont participé à la construction de batiments d’Avaris (Hawat-wurat en egyptien, son nom « biblique » de Pi-Ramesses sera attribué plus tard sous Ramesses I ou II).

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Mubarak est tombé. Mais son régime…?

13 février 2011 Laisser un commentaire
Hosni Mubarak 2003

Hosni Mubarak

Mubarak a finalement démissioné comme le réclamaient les magnifestants de la place de la Liberté au Caire depuis deux semaines. L’armée prend le controle du pays pour éviter tout chaos supplémentaire et promet de maintenir ordre, sécurité et fonctionnement normal.

Les causes

Contrairement à ce que la plupart des analystes occidentaux ont aimé avancer, ce n’est pas le lachage de Mubarak par les américains qui a fait la différence.

Tout d’abord, il y l’age et l’usure d’Hosni Mubarak. A plus de 80 ans dont 30 en tant que président de la république arabe, la détermination n’est plus la meme. Puis, il y a la volonté des militants anti-Mubarak : malgré plus de 100 morts et 1000 blessés, ils sont de plus en plus nombreux dans la rue. Leur manque de hiérarchie en fait un ennemi « fuyant ». Il y a également le fait que les Frères Musulmans soient très peu montés au créneau. Ennemi juré sous le régime de Mubarak, ils n’ont pas vu venir la puissance du mouvement populaire anti-Mubarak et ont préféré, avec intelligence, ni revendiquer ni profiter de la chute du vieux dicatateur laïc.

Enfin, il y a l’armée. C’est elle qui 60 ans auparavant avait renversé la monarchie parlementaire pour instaurer une république à parti unique. Comme l’a magnifiquement analysé Barry Rubin, il y a 60 ans, on pouvait observer les memes scènes de liesse dans la rues egyptiennes avec le meme espoir naïf. L’armée a simplement fait sauté la soupape de sécurité que représentait le vieux dirigeant Mubarak. Elle a immédiatement annoncé son souhait d’honorer tous les traités internationaux et bilatéraux signés par les administrations précédentes, montrant concrètement que « rien ne changera ».

Les conséquences

Contrairement à ce que la plupart des gouvernements occidentaux annoncent betement, la démocratie ne va pas faire naturellement son entrée en Egypte. L’armée tient à conserver sa main-mise et n’a aucune envie de laisser le chaos s’installer. Cette dernière est financée et armée par les américains et à trop à perdre. Un régime mubarakien sans Mubarak pourrait donc tranquillement s’installer.

Si des élections libres sont effectivement organisées et respectées, les egyptiens choisiront entre un nationalisme de gauche mubarakien, un nationalisme de droite plus probable, un parti démocratique centriste dont on voit mal qui le représenterait et un islamisme à l’iranienne.

Un gouvernement que j’appelerais « national-populiste » serait beaucoup plus critiques vis-à-vis d’Israel et des Etats-Unis et une participation d’islamistes serait très possible afin de contenter un large suffrage.

Une ouverture de la frontière avec Gaza légalisera le traffic d’armes, de produits manufacturés et d’articles de luxe vers et depuis la bande sous controle islamiste. Elle renforcera encore plus les liens socio-économiques entre les egyptiens et les gazaouis et rappellera aux « palestiniens » la période egyptienne 1949-67.

Le Sinai (re)deviendra une zone de non-droit et ceci accélèrera la construction par Israël de la barrière de sécurité le long de la frontière. Les pharaoh des premières dynasties d’Egypte se plaignaient déjà des tribus de bédouins indomptables. Le désert de Sinai-Negev n’a jamais vraiment été controlé par aucune nation.

L’Iran se débarrasse d’un poid lourd. La pression augmentera sur l’Arabie Saoudite et sa capacité à fédérer les nations arabo-musulmanes autour de sa vision sunnite, pacifique et pro-occidentale de la région.

Les américains et les européens pourraient perdre un allié précieux dans lutte anti-terroriste sans garantie que le prochain gouvernement ne soit aussi attentif aux besoins occidentaux.

Al-Jazeera qui a couvert les évènements depuis le début (jusqu’à retransmettre les scènes de joie en direct sans commentaire) assoit un peu plus son role de chaine d’information dominante au moyen orient.

Si un gouvernement radical finit par prendre le pouvoir en Egypte, le paradigme israéliens de « la terre contre la paix » sera définitivement enterré. L’abandon du Sinai (puis de la bande de Gaza) n’aura alors permis que de gagner du temps.

Catégories :Egypte, Gaza, Israel, Processus de paix