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Le mariage civil doit disparaitre

Le mariage en France est civil depuis 1792, c’est à dire que seul un mariage officié par un maire (ou un représentant du marie) dans une mairie sera reconnu par l’Etat français. Ce changement radical fut institué par les révolutionnaires pour ôter ce pouvoir social à l’Eglise.

Au passage, les autres religions présentent en France furent touchées car leurs mariages ne sont pas reconnus non plus. Ma position est qu’au vue des changements de la société moderne tardive, il est préférable pour un juif français d’adopter une posture libérale car elle sera paradoxalement bénéfique aux synagogues et aux maintiens des traditions juives.

On peut aussi noter que le terme mariage seul ne suffit plus, on parle de mariage civil ou religieux. Pourtant l’origine du mariage est profondemment sacré.

Un acte sacré

Pour le judaïsme, le mariage est un acte religieux de sanctification et d’élévation. Devant l’Éternel et la communauté d’Israël, un homme et une femme acceptent de vivre ensemble dans l’amour et le respect mutuel, et de transmettre à leur descendance les valeurs traditionnelles. Le couple est alors comparé à un autel de sainteté.

Wikipedia.fr, entrée sur le mariage dans le judaïsme.

Il ne s’agit pas d’un acte anodin, et encore moins un simple contrat économique et social comme en droit romain et en droit chrétien primitif.

1er changement : mariage religieux optionnel

Dès 1792, les futurs époux devaient « passer devant le maire » avant de « filer à l’église ». Mais avec la sécularisation des sociétés occidentales au 20ème siècle, de plus en plus de citoyens considéraient que le mariage civil seul suffit. C’était d’ailleurs l’objectif avoué des révolutionnaires, profondemment anti-religieux et libertaire, ils souhaitaient éliminer de la vie des français l’église catholique et le poid des traditions chrétiennes.

Le nombre de mariages catholique en France est de 77664 en 2009 en baisse de 36% sur 10 ans et de 48% sur 20 ans. Autrement dit une hécatombe. Même en accordant un bonus de 10% pour les mariages musulmans, juifs et protestants, la proportion des mariages religieux dans le nombre de mariages totaux en France est tombé de 75% en 1970 à 40% en 2000.

2ème changement : mariage tardif et divorce

Au début des années 1970, environ un couple sur six débutait son union hors mariage, c’est le cas de neuf couples sur dix aujourd’hui.

L’âge moyen de la mariée est de 30 ans en 2010 contre 25.2 en 1990 et 22.6 en 1970. 46% des mariages terminent en divorce alors qu’ils étaient 35% en 1985 et 10% en 1970. La durée du mariage est donc plus courte (la période propice aux séparations se trouve entre la 3ème et la 7ème année) et les re-marriages fréquents. La légalisation des mariages sans fautes a contribué à l’augmentation des divorces dans les années 200.

3ème changement : le remplacement du mariage civil par le PACS

INSEE évolution des unions en France

Le gouvernement socialiste de 1997 introduit le PACS pour faire plaisir aux homosexuels sans dénaturer le mot mariage. Le succès du PACS auprès des hétérosexuels ne fut pas immédiat malgré l’approbation de la majorité des français au moment du vote parlementaire. A partir de 2002, le PACS va croître de 25% en moyenne par an pour atteindre 85% des mariages en 2010. On se pacse alors au même âge qu’on se marie, et les homosexuels représentent 5% des pacsés, c’est à dire à peine plus que leur représentation démographique. Un nouveau phénomène chez les jeunes couples français est de contracter un pacs lors de l’emménagement ensemble, puis de se marier éventuellement plus tard avec l’arrivée du premier ou deuxième enfant.

4ème changement : l’âge et la situation matrimoniale des parents

Les naissances hors mariages ont atteint 56% en 2011 contre 30% en 1990 et un maigre 7% en 1970. En DOM, le chiffre actuel est même de 70%, donnée à mettre en parallèle au taux presque identique d’enfants noirs américains nés hors mariage.

Plus de la moitié des divorces impliquent des enfants mineurs et une part grandissante des mariés ont comme spectateurs de leurs mariages… leurs propres enfants. En 2000, une étude de l’INED montre que, après la séparation des parents, la moitié des enfants mineurs ne connaissent que leur mère et environ un tiers se font aussi élever par un beau père. Environ 10% des familles sont des familles recomposées, et ces derniers ont tendance à se séparer encore plus rapidement que les familles « premières ».

5ème changement : ouverture aux « couples » homosexuels

Le gouvernement socialiste de 2012 a prévu l’année prochaine de modifier notre code napoléonien pour permettre aux personnes de même sexe de se marier civilement. On pourra rire à la garantie des députés de l’époque que le PACS « ne sera pas une première étape vers la légalisation du mariage et de l’adoption homosexuels ».

Conclusion : dehors l’Etat !

Au vu de ces changements, le juif français devrait se poser la question : à quoi sert la reconnaissance du mariage par l’Etat ? Au début, il s’agissait de séparer religion et vie publique. L’Etat ne faisait que recopier le mariage religieux dans une institution laïque et la majorité des citoyens se mariaient religieusement immédiatement après.

Aujourd’hui, le mariage en France est totalement dénaturé et optionnel. On peut vivre, avoir des enfants et léguer des bien sans se marier ni en souffrir économiquement ou socialement. Il est donc préférable que les citoyens juifs demandent un désengagement total de l’Etat dans le mariage. Une éventuelle union civile sans cérémonie permettrait à tous de s’unir sans autre condition que d’être un adulte consentant. Elle remplacera le PACS et le mariage civil, et permettra à l’Etat de continuer à une alternative publique et laïque au mariage religieux.

Les couples voulant se marier opteront pardoxalement plus pour une cérémonie à la synagogue, n’ayant plus l’alternative civile (faussement) gratuite.

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Catégories :France, Judaisme Étiquettes :
  1. Roger VERNIERE
    24 septembre 2012 à 9 h 36 min

    Bonjour,
    Je suis un juriste, connaissez-vous une (des) personnalité(s) rabbin (s) prête à s’y engager au plan intellectuel, je suis aussi de votre avis et je cherche à susciter un article cosigné sur l’inconstitutionnalité de l’art 433-21, merci de votre aide (répondez-moi sur mon email)

    • 25 novembre 2012 à 14 h 43 min

      Je viens de voir votre commentaire. Malheureusement non, la majorité des rabbins français ne voient pas de pb avec un mariage civil avant la cérémonie religieuse. Le judaïsme a aboli la polygamie et le mariage civil français donne même une sorte de garantie que les époux ne sont pas déjà marriés par ailleurs. De plus, un principe important du judaïsme de diaspora est « Dina dé malkhout din », la loi du pays est la loi, donc le respect du mariage civil n’est pas plus un pb que l’obligation de contracter une assurance auto pour conduire…

  2. Roger VERNIERE
    5 octobre 2012 à 20 h 37 min

    Bonjour Squall,
    Je n’ai toujours pas de vos nouvelles

  3. Tehilla
    29 novembre 2012 à 5 h 17 min

    Personnellement, j’ai arrêté les démarches pour me marier en France quand j’ai pris connaissance de l’article 433-21 car j’avais envisagé candidement de faire passer le mariage religieux (plus important à mes yeux) devant le mariage civil qui n’était pour moi qu’une simple formalité administrative. Devant une telle loi, je ne supportais plus l’idée de me marier en France et j’ai demandé à mon futur mari américain de faire toutes les démarches aux US. Nous avons été mariés uniquement à l’église par un pasteur et c’était merveilleux. La transcription du mariage sur l’état civil français n’a ensuite été qu’un remplissage de paperasse. Je vois autour de moi les protestations qui s’élèvent contre le mariage homosexuel mais je suis un peu dépitée devant tant d’agitation pour défendre ce mariage civil qui n’a plus rien à voir avec le sacré et j’adhère entièrement à votre analyse. Pour moi, ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent avec cette union civile, mais cette loi devrait être l’occasion pour l’église en France de réclamer la restitution du mariage religieux et sans avoir d’autres formalités à accomplir civilement que de remplir des papiers. Comme c’est le cas dans d’autres pays. En attendant, pourquoi de ne pas envisager de se marier dans un pays européen (ou autre) acceptant la reconnaissance du mariage religieux et faire la demande de transcription ensuite à l’état français ?

  4. dv
    22 février 2016 à 9 h 32 min

    Vs faites un contre-sens sur l’origine du mariage civil (édit de Versailles de 1787) qui, au contraire, a été instauré afin de permettre aux protestants et aux juifs de se marier légalement. Cf. l’article dans L’Histoire (magazine), février 2016 :

    http://www.histoire.presse.fr/atelier-chercheurs/revolution-mariage-civil-01-02-2016-140027

  1. 9 juin 2013 à 2 h 20 min

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