Archive

Archive for août 2012

Rachel Corrie

30 août 2012 2 commentaires

Rachel Corrie était une juive américaine née à Olympia dans le nord-ouest des Etats Unis. Elle est morte le 16 mars 2003 à 24 ans à peine.

Elle est une martyre célèbre dans le monde arabo-musulman car elle fut écrasée par un tracteur de l’armée israélienne à Rafah, dans une zone interdite au public dans le sud de Gaza pendant la deuxième intifada. A cette époque, les israéliens contrôlaient ce poste frontière dans le but de détruire les tunnels d’où les arabes palestiniens introduisaient armes et contrebande. Aujourd’hui, Rafah est contrôlé par l’Egypte qui, comme Israël il y a 10 ans, ouvre le passage des personnes mais pas des biens.

Corrie est populaire dans les médias arabes et de la gauche occidentale : films, documentaires, pièces de théâtres et webclips ont été réalisés pour exalter son geste et sa mort. La réalité me semble tout autre : c’était une jeune femme sensible qui s’est laissée embrigader par les mouvements gauchistes pro-palestiniens.

Mr et Mme Corrie ont trainé en justice Tsahal et le gouvernement israélien pendant des années, et ont fini par perdre avant-hier devant la cour de justice de Haifa. Cette dernière a jugé l’Etat d’Israël non responsable car le lieu de l’incident se trouvait en zone de guerre, il s’agit donc d’un accident et un état ne peut en être responsable.

Les parents sont un stéréotype du couple juif démocrate dégoulinant de bons sentiments à partir du moment où la supposée victime n’est pas juive. Ils sont anti-religieux et se fichent de savoir que montrer une image négative des juifs aux non-juifs est fortement déconseillé par la halakha.

Rachel étudia les arts (surpris ?) à The Evergreen State College, petite université établie en 1967 (ce genre de détail ne s’invente pas). Cet établissement encourageait et récompensait par des credits les voyages de ses étudiants en zone de guerre comme Gaza. La jeune utopiste n’était pas une débutante dans le militantisme, puisque 6 semaines plutôt elle fut photographiée dans une démonstration anti-guerre en Irak à Gaza où elle brula un drapeau américain. Elle savait également que les étrangers étaient utilisés à Gaza comme « bouclier humain » et on lui avait dit de ne jamais mentionner sa judaïté ni de parler arabe (dont elle avait appris quelques mots) car elle aura pu se faire suspecter d’être un espion israélien.

Rachel faisait parti de cette jeunesse occidentale, élevée par des parents de gauche, qui cherche un but à son existence. L’humanitaire est attrayant et exotique. Le choix de défendre des arabes palestiniens n’est pas anodin. Des arabes car ils sont les ennemis des Etats Unis. Des palestiniens car ils sont les ennemis des juifs. Les deux identités de Corrie. Il existe bien d’autres peuples en Asie et en Afrique, vraiment victimes d’autres peuples, sans état et sans perspective économique. Mais ceux-là n’intéressent pas la jeunesse occidentale car ils n’ont pas en face d’eux des juifs. Comme l’avait décrit un commentateur dont j’ai oublié le nom, partir défendre les « palestiniens » contre les « israéliens » c’est se faire peur sans prendre de risque. Ces activistes savent, sans l’admettre, qu’Israël choie la vie et fait le maximum pour épargner toute personne innocente. C’est pour ça que Corrie fut la seule activiste jamais blessé par un bulldozer alors qu’ils revendiquaient des douzaines de tentatives de blocages de démolition par jour. Mais cette fois ci, le conducteur, un simple immigrant russe en Israël, ne l’avait pas vu. Le triple blindage (verre, plaque de métal et grille), le bruit du moteur et l’inconscience d’une jeune femme sont les seuls responsables.

« L’esprit pour lequel elle est morte vallait une vie. L’idée de resistance, cet esprit de resister à cette force brutale d’occupation, vaut n’importe quoi. Beaucoup, beaucoup de palestiniens donnent leurs vies tout le temps. Donc la vie d’un international vaut largement, je pense, l’esprit de resistance à l’oppression. »

Joseph Smith, membre de l’ONG International Solidarity Movement et guide de Rachel Corrie, à son enterrement.

Après avoir abusé de sa jeunesse, les parents de Corrie, les activistes de ISM et les pro-palestiniens de tout poil, instrumentalisent sa mort.

Publicités

La seule alternative à la « solution des deux états »

Israel districts numbered

Israel districts (credit: Wikipedia)

Martins Sherman nous livre un papier fabuleux (en trois parties) où ils démonte la « solution des deux états », le paradigme actuel dans le conflit judéo-arabe au Proche-orient.Selon lui, deux impératifs dictent une inévitable conclusion. L’impératif géographique qui empêche tout accord entre les palestiniens et les israéliens car le territoire maximum que peut offrir Israël sans aller à sa perte (la largeur minimale du pays est de 18km) ne correspond pas au minimum que l’Autorité palestinienne est prête à accepter. L’impératif démographique qui empêche tout annexion de la Judée Samarie dans son intégralité en offrant la citoyenneté immédiate car même si le nombre d’arabes y est gonflé, il n’en reste pas moins un problème majeur pour l’avenir d’Israël.

La conclusion logique est que si Israël tient à survivre : 1) elle doit conserver la Judée-Samarie dans son intégralité ou presque, 2) elle doit réduire le nombre d’arabes dans cette zone. La troisième et dernière colonne de Sherman livrera la statégie à adopter même si j’en imagine les contours : incitation financière, restriction géographique et réduction de la natalité. Israël pourrait annexer les zones B et C et offrir deux alternatives aux arabes y résidant : la citoyenneté à condition de respecter et reconnaitre l’Etat Juif ou le départ moyennant une généreuse somme d’argent. Après tout, l’émigration depuis les territoires palestiniens est largement positive depuis 1967. Les zones A seraient des cités autonomes, progressivement intégrés à Israël après leurs populations réduites.

J’ai toujours été en faveur d’une annexion partielle puis créer les conditions nécessaires aux départs progressifs des palestiniens. Je préconisais d’annexer la zone C et/ou la Judée et surtout d’abandonner toute coopération avec le Fatah pour laisser le Hamas prendre le pouvoir. Ceci afin de museler la critique internationale qui pourra plus difficilement défendre des islamistes. Je ne peux que me rallier à la solution de Sherman en attendant son prochain article.

 

Suite des élections aux Maghreb 2012

Emblem of Maghreb/Maghreb Union

Emblem of Maghreb Union (credit: Wikipedia)

Voici la suite de mon article détaillant les élections qui eurent lieu au Maghreb en 2011.

 

Je souhaite parler ici des trois élections qui ont eu lieu au Maghreb en 2012 : les élections legislatives en Libye et en Egypte (2ème partie) et l’élection du président egyptien dont j’avais par ailleurs donné un résultat provisoire.

 

La main mise des Frères Musulmans en Egypte est confirmée et si les libéraux semblent avoir pris la tête en Libye, le flou reste entier car on ne connait très mal le positionnement des 120 élus locaux hors partis (exigé par la nouvelle constitution libyenne). Les islamistes prétendent que nombre  d’entre eux les soutiennent.

 

Mursi a finalement gagné sa finale et est devenu le premier président islamiste de l’histoire de l’Egypte. Un conflit oppose actuellement Mursi avec les chefs militaires et la Cour suprême qui tentent d’invalider l’élection du parlement. La place Tahir est le théâtre presque quotidien d’affrontements entre l’armée et de jeunes déçus de la tournure des évenements.

 

Globalement les islamistes ont avancé leurs pions partout au Maghreb, de Dakhla à El Arish. Les évenements récents au Sinaï montrent à quel point la donne à changer pour Israël. Prétextant une attaque d’un groupuscule d’Al-Quaïda sur un poste frontière egyptien en face d’Israël, Mursi a ré-armé le Sinaï malgré des interdits clairs du traité de paix israélo-egyptien de 1979. Les israéliens, trop contents de voir que les egyptiens fassent quelquechose pour protéger la frontière (le gang d’islamistes a en effet tué tous les soldats egyptiens pour leur voler une voiture afin de foncer sur les gardes frontières israéliens… qui les ont abattu sans problème), ont applaudi avant de se rendre compte que tout ça ressemblait furieusement à l’Alsace des années 30.

 

Mais maintenant, place aux chiffres :