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Deux analyses sur le futur gouvernement de Netanyahou

2 février 2013 Laisser un commentaire

English: Caroline Glick

Caroline Glick parie sur un gouvernement controlé par le Likoud, Bennet, Lapid et pas du tout par les haredim. En conséquence, ces derniers devront effectuer le service militaire sans exemption pour les étudiants en Yeshivot.

Sur le plan économique, Bibi et Bennet sont très pro-marché et le démarrage de l’exploitation du gaz offshore va soutenir la forte croissance économique et industrielle israélienne. C’est probablement la meilleure nouvelle pour les nombreux israéliens qui réclament qu’on s’occupe des classes moyennes.

Sur le plan religieux, les dati-leumim (« religieux nationalistes » ou sionistes-religieux) pourraient reprendre le contrôle du Rabbinat et de tous les organes publics religieux. Je suis aussi d’accord que les israéliens ré-apprécieront leurs Rabbinat si celui-ci est dati-leumi car il sera plus ouvert vis-à-vis des ‘Hilonim (« laïques ») et plus accessible aux convertis, notamment les 300 000 russes non-juifs halakhiquement.

Martin Sherman, lui, se lamente sur l’obsession des médias et de l’électorat israélien à croire encore à un parti centriste. Il prédit un blocage au sein du Yesh ‘Atid sur la question du processus de paix avec les arabes. Lapid était clairement « anti-colons » pendant la formation de son parti, puis est passé plus à droite pendant la campagne électorale. Il a ainsi pu attirer les indécis de centre-droite, ces même personnes que les sondeurs ont complètement raté dans leurs études.

Sherman et Glick se rejoignent sur le statut-quo en Judée-Samarie (et je suis 100% d’accord avec eux) : peu de nouvelles constructions, aucune perspective d’y augmenter les droits d’Israel et pas d’avancé sur un accord de paix avec le Fatah.

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La pression s’accumule sur le futur gouvernement de Netanyahou

13 janvier 2013 Laisser un commentaire

Les européens et les jordaniens seraient en train de préparer une proposition d’accord de paix pour mars (j’émet un gros doute sur une date aussi proche mais admettons).

Les contours de ce plan serait une copie des accord de Génève et du plan saoudien qui favorisent grandement les palestiniens. Il ne placerait aucune contrainte sérieuse de sécurité et de normalisation tout en demandant à Israël de se retirer de grandes étendues de Judée et Samarie, et donc d’expulser ses propres citoyens de la terre de ses ancêtres.

Que Netanyahou pourrait-il répondre sans trahir ses électeurs de droite ?

Version « je botte en touche »

Dans un style assez netanyahou-esque, j’imagine qu’il pourrait insister sur plusieurs points dont il sait pertinemment que les palestiniens refuseront catégoriquement. Ce fut même la stratégie d’Arafat pour éviter la conclusion d’un accord avec Clinton et Barak. Liste non-exhaustive :

  • Reconnaissance d’Israël comme état juif et donc refus d’intégrer des « réfugiés » palestiniens (principe du « 2 états pour 2 peuples ») ;
  • Jérusalem unie sous contrôle israélien avec Maale Adumim et la zone E1 les reliant ;
  • Contrôle militaire de la vallée du jourdain et éventuellement de certains hauts plateaux de Samarie centrale pour empêcher que la région suive le chemin catastrophique de Gaza.

Version sécuritaire

Bibi peut demander des garanties strictes sur la capacité du Fatah à faire régner l’ordre non seulement dans les régions qu’il contrôle déjà mais aussi à Gaza, actuellement dirigée par le Hamas. Bibi peut aussi profiter d’attaques de terroristes de la bande de Gaza pour lancer une offensive terrestre et paralyser (temporairment) toute négociation avec Abbas.

Français : Enfants à Méa Shéarim (Jérusalem, I...

Enfants à Méa Shéarim (Jérusalem, Israël). (Photo credit: Wikipedia)

Version « wild card »

Attaquer les installations nucléaires de l’Iran !

Ou encore mieux : demander le contrôle absolu et exclusif de la vieille ville de Jérsalem y compris le Mont du Temple. Dans ce scénario fou, Netanyahou accepterait la première carte que Abbas lui présenterait, même si cela conduirait à expulser 200 000 juifs de Judée et Samarie. Il accepterait de donner Jérusalem-est et la reconnaitrait immédiatement comme capitale de la Palestine..

Et échange, il demanderait juste la vieille ville en insistant spécifiquement sur le Mont du Temple comme lieu symbolique pour le peuple juif : « le monde juif et Israël accepteront de perdre la Judée et la Samarie, contrées historiques, mais pas l’ancienne Jérusalem, le coeur de la civilisation juive ». Abbas et ses amis, hystériques à l’idée de voir la Kippat ha-Sel‘a remplacée par le troisième temple juif, quittera surement la table effrayé, car je suis persuadé que les arabes ont bien plus peur du juif que de l’israélien.

Le Fatah célèbre le terrorisme plutôt que la paix et l’indépendance

Le 2 janvier, le Fatah a tenu une grande parade festive à Dehaisheh en Judée. Faux-missiles et vrais kalachnikovs étaient exhibés dans une ambiance familiale décontractée.

Il s’agirait du 48ème anniversaire. Pas de l’établissement du Fatah, mais du permier acte terroriste anti-juif : une bombe posée près d’un réservoir d’eau israélien en janvier 1965 (Caroline Glick remarque avec justesse que le Fatah n’a pas été créé en 65 mais en 57).

Cela en dit long sur celui que la « communauté internationale » qualifie de président modéré et pro-paix.

Logo

Logo « 48 » du Fatah avec la carte de tout Israel (sauf le Golan) revendiquée comme palestinienne

Alors qui a gagné ?

25 novembre 2012 Laisser un commentaire
Strong against the Hamas

Strong against the Hamas (Photo credit: Hadar)

Alors qui a gagné ?

Après huit jours de guerre entre Israël et le Hamas, peut-on déjà dresser un bilan ?

Israel a gagné ?

  • Le Hamas a perdu plusieurs de ses haut-commandants et son chef militaire
  • Le Hamas a perdu plusieurs milliers de roquettes et la majorité de ses missiles
  • Le Hamas a perdu plusieurs de ses bâtiments
  • Le Hamas devra payer pour reconstruire les centaines de structures détruites par Tsahal
  • Israël a redoré son blason simplement en se défendant plutôt que recevoir passivement des tirs de Gaza
  • Israël a prouvé que son système anti-missile « Dôme de fer » fonctionne et protège efficacement les zones urbaines (85% d’efficacité)
  • En acceptant une trêve à la demande des américains, Israël recevra plus d’aides financières du gouvernement Obama et une protection diplomatique importante à la veille de la demande de reconnaissance d’un état palestinien par Abbas à l’ONU.
  • Un récent article du Jerusalem Post montre que les villes proches du Gaza continuent d’attirer des israéliens du centre contrairement à l’image populaire que le sud se dépeuple. Une preuve supplémentaire de la résilience du peuple juif.
  • La gauche israélienne salue Netanyahu pour avoir donné une chance à « la paix ». Mais les sondages montrent qu’un peu plus de 50% des israéliens tous secteurs confondus souhaitaient que Tsahal continue les bombardements et 20% voulaient même une invasion terrestre. A noter que les haredim sont les plus pro-guerre, ainsi certains commentateurs n’ont pas manqué de critiquer l’hypocrisie de ceux qui refusent de servir dans l’armée…
Flickr - Israel Defense Forces - Headquarters ...

Flickr – Israel Defense Forces – Headquarters of the Military Wing of Hamas (Photo credit: Wikipedia)

Le Hamas a gagné ?

  • Les israéliens ont renoncé à rentrer dans Gaza, laissant une grande quantité d’armes et de matériaux dans les mains des hommes du Hamas
  • Malgré la surveillance impressionante des drônes israéliens, des bombardements de l’aviation israélienne et du dôme de fer, les terroristes palestiniens ont tué à trois reprises des israéliens (tous civils sauf un)
  • Le Hamas a revendiqué l’attentat sans victime d’un bus au centre de Tel-Aviv pendant le conflit armé
  • Le Hamas a acquis une légitimité internationale en étant l’interlocuteur unique de l’Egypte pendant les pourparlers de cessez-le-feu
  • Le deal entre l’Egypte, Israël et le Hamas est censé faciliter le transit de marchandises ainsi que la pêche en mer
  • Le Hamas peut compter sur un élan national autour de son équipe dirigeante (alors que sa popularité descendait lentement) pendant les semaines à venir.

Le Fatah a perdu et ça on en est sur !

  • Abbas était totalement inutile pendant le conflit, incapable d’avoir la moindre influence sur 1/3 de sa population
  • Abbas risque maintenant de passer pour un extremiste auprès des israéliens qui le croyaient encore modéré : il a soutenu le Hamas et fait porter le blâme entièrement sur le gouvernement israélien. Les Brigades des martyrs d’al-aqsa, la branche armée du Fatah a même annoncé avoir envoyé plus de 500 roquettes sur Israël pendant le conflit !
  • Son pari de reconnaissance à l’ONU est compromis et plusieurs état européens, plutôt propalo, lui ont demandé en vain de retarder ou d’annuler sa requête.

Mon opinion

Je suis paradoxalement satisfait du cessez-le-feu. Le calme et la déterrence israélienne sont en partie restorés. Le test « live » du dôme de fer montre que ce choix stratégique s’avère excellent et pourra même nous protéger du Hezbollah et de l’Iran, bien plus dangereux que le chiwawa gazaoui. Je suis déçu qu’Israël ne considère toujours pas des mesures punitives « passives » comme coupé l’électricité et l’eau qu’elle fournit gratuitement à ses ennemis.

La seule alternative à la « solution des deux états »

Israel districts numbered

Israel districts (credit: Wikipedia)

Martins Sherman nous livre un papier fabuleux (en trois parties) où ils démonte la « solution des deux états », le paradigme actuel dans le conflit judéo-arabe au Proche-orient.Selon lui, deux impératifs dictent une inévitable conclusion. L’impératif géographique qui empêche tout accord entre les palestiniens et les israéliens car le territoire maximum que peut offrir Israël sans aller à sa perte (la largeur minimale du pays est de 18km) ne correspond pas au minimum que l’Autorité palestinienne est prête à accepter. L’impératif démographique qui empêche tout annexion de la Judée Samarie dans son intégralité en offrant la citoyenneté immédiate car même si le nombre d’arabes y est gonflé, il n’en reste pas moins un problème majeur pour l’avenir d’Israël.

La conclusion logique est que si Israël tient à survivre : 1) elle doit conserver la Judée-Samarie dans son intégralité ou presque, 2) elle doit réduire le nombre d’arabes dans cette zone. La troisième et dernière colonne de Sherman livrera la statégie à adopter même si j’en imagine les contours : incitation financière, restriction géographique et réduction de la natalité. Israël pourrait annexer les zones B et C et offrir deux alternatives aux arabes y résidant : la citoyenneté à condition de respecter et reconnaitre l’Etat Juif ou le départ moyennant une généreuse somme d’argent. Après tout, l’émigration depuis les territoires palestiniens est largement positive depuis 1967. Les zones A seraient des cités autonomes, progressivement intégrés à Israël après leurs populations réduites.

J’ai toujours été en faveur d’une annexion partielle puis créer les conditions nécessaires aux départs progressifs des palestiniens. Je préconisais d’annexer la zone C et/ou la Judée et surtout d’abandonner toute coopération avec le Fatah pour laisser le Hamas prendre le pouvoir. Ceci afin de museler la critique internationale qui pourra plus difficilement défendre des islamistes. Je ne peux que me rallier à la solution de Sherman en attendant son prochain article.

 

Que cache la volonté de Fayyad de former un gouvernement avec le Hamas ?

24 février 2011 Laisser un commentaire

Alors que les évènements en Libye (2000 morts aux dernières nouvelles) laisse la majorité des pays pantois, Fayyad surprend en annonçant la formation d’un gouvernement d’unité nationale avec le Hamas. Ce dernier a démentit à demi-mot mais cette tentative pourra s’avérer etre la bonne.

Salam Fayyad

Salam Fayyad

Ce gouvernement serait dirigé par Fayyad, l’actuel premier ministre de l’Autorité Palestinienne, un technocrate jamais élu, formé aux Etats-Unis, apprécié des occidentaux mais peu populaire parmi les arabes. Il ne serait que temporaire dans l’attente de la tenue d’élections nationales (qui auraient du avoir lieu le mois dernier).

 

La prise de controle par la force de la bande de Gaza par le Hamas, son refus de reconnaitre Israel, de renoncer à la violence, et de participer à toute élection organisée par Abbas a pour l’instant bloquer toute tentative de réconciliation entre les deux grands partis palestiniens. La seule condition demandée par Fayyad serait que le Hamas cesse toute attaque contre Israel (notamment les tirs de roquettes et mortiers). En échange, le mouvement islamique pourrait garder le controle de Gaza jusqu’au résultat des élections. Pour marquer l’évènement des terroristes gazaouis n’ont pas manqué de tirer le premier Katyusha sur la plus grande ville du Negev, Be’er Sheba.

Fayyad, comme le reste du Fatah, ne peut plus compter sur l’Egypte qui a tenté jusqu’à aujourd’hui de jouer le médiateur entre Fatah et Hamas, a peur que les Frères Musulmans ne prennent le controle de l’Egypte ou plus vraisemblablement, occupe des positions influentes dans le nouveau régime. Gaza serait alors définitivement perdue aux yeux du Fatah et rien n’empecherait les islamistes de progresser aux prochaines élections qu’Abbas voulait organiser en septembre dans les zones A et B de Judée-Samarie.

Le ridicule qu’a subit l’AP avec la divulgation de nombreux documents diplomatiques avait également terni une image qu’un gouvernement neuf pourrait redorer.

Enfin, Fayyad met depuis longtemps en avant son pragmatisme et une approche « de bas en haut », c’est-à-dire la construction d’institutions et d’infrastructure locales nécessaires à un état pour fonctionner. Il pourrait donc s’agir d’une manoeuvre pour l’installer au pouvoir et y rester !

Les conséquences pour Israel sont plutot positives à mon sens :

  • légitimité retrouvée pour l’AP car depuis plusieurs semaines, Abbas est un leader dont le mandat a expiré ;
  • clarification de la situation actuelle où l’AP n’avait purement et simplement pas le controle sur plus d’1/3 de sa population ;
  • la présence d’élements extremistes (Hamas) au sein meme du gouvernement palestinien appuyera Israel quand elle déclarera ne pas avoir d’interlocuteurs crédibles et/ou conciliants.
Catégories :Gaza, Israel, Processus de paix Étiquettes : , , , , ,