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Evolutions du nombre d’élèves US par type d’écoles juives

18 août 2013 2 commentaires

nb d'élèves dans les écoles juives américaines

La hausse est quasi exclusivement du aux écoles Haredi. La forte natalité des ‘Hassidim (juifs d’Europe de l’est organisés en « dynasties » rabbiniques et suivant les préceptes du ‘Hassidisme) en est la principale cause. Le renouveau religieux démarré dans les années 70 et la hausse du nombre de Ba’alei Téshouva participent également à cette poussée continue.

Je note avec plaisir que les écoles modernes orthodoxes sont les seules écoles non-haredi à voir leurs effectifs augmenter, si on excepte le concept un peu flou d’école « communautaire« .

Ces dernières ont générallement un enseignement proche de ce qu’on pourrait trouver dans les école

Hasidic schoolchildren in Łódź, circa 1910s.

Hasidic schoolchildren in Łódź, circa 1910s. (Photo credit: Wikipedia)

s « conservative » (S.Schechter) mais ne sont associées à aucune dénomination afin d’attirer un plus large public. Elles sont particulièrement populaires dans les régions où établir une école par dénomination aurait été impossible vu le faible nombre de familles juives vivant autour. Elles répondent aussi à une demande de jeunes familles laïques d’avoir un enseignement juif peu religieux et peu contraignant, et laissant (l’illusion) aux enfants le choix de leurs pratiques.

Le stagnation ou baisse des trois dénominations principales américaines : reforme, conservative et centrist orthodox montrent que ces institutions sont restés figées dans la société américaine de la première moitié du 20ème siècle. Elles n’ont pas su répondre aux besoins des familles du 21ème :

  • chez les libéraux, la qualité de l’enseignement ‘Hol (profane), la non-appartenance à une institution, la diversité du public
  • chez les modernes orthodoxes, la qualité des enseignements ‘Hol et Kodesh (religieux), l’attachement à l’Etat d’Israël, le non-fondamentalisme
  • chez les ‘haredim, le regroupement par communautés et/ou autorités rabbiniques, par exemple: ‘Habad, Satmar, Beltz, etc, (qui peuvent apparaitre identique à un oeil extérieur mais dont les différences sont fondamentales pour leurs membres), la préférence pour de petites structures locales plutôt que de grands ensembles loins du domicile des parents.

Le prix est aussi un facteur essentiel et il sera intéressant d’avoir les chiffres post-crise financière de 2008-09.

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La construction de la coalition gouvernementale a commencé

20 février 2013 Laisser un commentaire

Avec des jours de tractations, de réunions entre représentants des partis politiques, de petites déclaration aux médias et de rumeurs adroitement glissées, la première vrai nouvelle sur la constitution du prochain gouvernement est enfin tombée.

Tzipi Livni et son parti HaTénou’a sont les premiers à rejoindre Netanyahou.

Non vous ne revez pas.

Elle sera ministre de la justice, comme au temps de Sharon en 2004-06. Elle sera responsable des négociations avec les arabes, comme au temps de Olmert en 2006-09. Bref, de grandes expériences ouvrant la voie à des réussites prometteuses…

Déception à droite

Bien évidemment, l’ensemble de la droite israélienne est outrée et doit subir, une fois de plus, la trahison de son chef. Livni n’a fait campagne que sur un seul thème : un accord de paix avec les palestiniens, et n’a obtenu que six sièges sur 120. A peine plus que le parti communiste arabe anti-sioniste, Hadash. Mais, c’est elle que Netanyahou a choisi, pourquoi ?

Les Haredim, plutôt que les jeunes prometteurs

Netanyahou ne veut pas du couple Lapid-Bennet. A eux deux, leurs partis Yesh ‘Atid (centre) et Bayit Yehoudi (droite, sionistes-religieux) ont exactement le même de députés que Bibi, soit 31. A trois, ils auraient formé une courte majorité mais Netanyahou redoute plus que tout que l’un deux quitte le gouvernement et pousse à des élections prématurées. Il est prêt à tout pour conserver son poste le plus longtemps possible et l’a montré depuis son grand retour en 2009.

Netanyahou préfère l’alliance de 36 ans que le Likoud a avec Shas car les haredim le laissent faire ce qu’il veut en matière diplomatique et sécuritaire.

Knesset du 22 janvier_2013

Knesset du 22 janvier_2013

Les coalitions potentielles au 20 février 2013

Il ne fait plus aucun doute que Shas sera le prochain à rejoindre Bibi. Les trois leaders du parti séfarade avaient déjà déclaré avant les élections qu’ils souhaitent rester au gouvernement si le Likoud l’emportait, comme tous les sondages le prédisaient. Un récent rapport cité par Channel 10, donne Yishai, ministre de l’industrie, Attias, ministre des affaires sociales , et Deri, ministre de l’eau et de l’énergie.

Ensuite je vois deux scenarii :

  • 68 députés : Likoud+Livni+Kadima+Haredim+Bayit Yehoudi.  Mofaz et Yahadout haTorah joignent naturellement le gouvernment car ils sont tous deux idéologiquement identiques à, respectivement, Livni et Shas. Bennet pourrait difficilement prendre le risque de se faire doubler par Yesh ‘Atid ou ‘Avoda (travaillistes). Lapid peut plus facilement refuser et dirigier l’opposition en attendant son heure.
  • 80 députés : Likoud+Livni+Shas+Bayit Yehoudi+Yesh ‘Atid. Lapid et Bennet finissent par trouver un accord avec Netanyahou et forment avec Shas une large coalition que j’estime la plus probable. Aucun des partis ne peut renverser seul le gouvernment. Sans Livni, Netanyahou ne pourrait pas se protéger du départ de Lapid et donc d’être ostraciser par les occidentaux comme un gouvernemnt trop à droite. Livni est la Barak de 2013.

Résultats officiels des élections israéliennes et les gagnants-perdants

27 janvier 2013 Laisser un commentaire
Knesset du 22 janvier_2013

Knesset du 22 janvier_2013

Comparaison entre la moyenne des derniers sondages parus en janvier 2013 et les résultats de la 19ème Knesset

Comparaison entre la moyenne des derniers sondages parus en janvier 2013 et les résultats de la 19ème Knesset

Les gagnants

  • Yesh ‘Atid : Yaïr Lapid dispose d’un levier important pour négocier un poste et des promesses de lois auprès de Netanyahou. Les instituts de sondages avaient parfaitement prévus les résultats de tous les partis sauf celui-ci, car ils avaient surestimé ceux des trois principaux (Likoud, Bayit Yehoudi et travaillistes) au détriment du nouveau venu centriste. Une étude a justement montré que 40% de ses électeurs avaient choisi Yesh ‘Atid dans les trois jours précédent leurs votes !
  • Bayit Yehudi : Bien que son score soit inférieur aux attentes, il quadruple son nombre de députés et pourra donc faire mieux entendre ses propositions : construire en Judée-Samarie et « étendre la souveraineté israélienne » dans la zone C recouvrant 60% de la (malnommée) Cisjordanie, renforcer l’armée, faire valoir le caractère juif de l’état d’Israël, nommer des responsables sionistes-religieux au lieu de haredim au Rabinnat et donner plus de flexibilité au rabbins locaux dans les mariages et conversions, entre autres.
  • Netanyahou : Si son parti a perdu 11 sièges (7 si on n’exclut ceux étant de Yisrael Beitenou avec qui il a fusionné les listes), lui sera premier ministre pour la troisième fois. Un record depuis Ben Gourion !
  • Meretz : En passant de 3 à 6 députés, le parti de Mme Gal-on montre qu’il existe encore une place pour le sionisme de gauche. Mais aucun grand parti ne veut faire de coalition avec eux. Il reste dans l’esprit de la majorité d’israéliens un parti de bobos (riches) urbains (Tel-Aviv) utopiques (Oslo) et mangeurs de sushis.

Les perdants

  • Likoud-Beitenou : la fusion n’a pas apporté les 40-45 sièges espérés mais a tout de même assuré à Bibi d’avoir de loin le plus gros parti.
  • Livni : le one-woman-parti qu’elle a formé suite à sa défaite à la primaire de Kadima a récolté autant de voix que Meretz et même moins que les orthodoxes ashkénazes ! Si elle sauve la face en prenant un poste secondaire dans le gouvernement de Netanyahou, elle perdra, à mes yeux, le peu d’estime que j’avais pour elle.
  • Kadima : quasiment réduit à néant, Olmert a surement chargé Mofaz de faire survivre le parti pour préparer son retour en 2017. Pathétique.
  • Aravim vé ‘haredim (arabes et juifs « ultra-orthodoxes ») : malgré leur natalité supérieure, leurs partis ont obtenu le même nombre de sièges à cause d’une faible absention chez les juifs laïques. Le parti haredi ashkénaze a tout de même surpris en gagnant 2 sièges de plus que les 5 qu’il occupe actuellement.

Dernier sondage israélien pour les élections de janvier 2013

28 novembre 2012 Laisser un commentaire

Droite
37 Likoud Beiténou (Netanyahou)
09 Sionistes-religieux

Centre
09 Haténoua (Livni)
05 Yesh ‘Atid (Lapid)
02 Kadima

Gauche
20 ‘Avoda
03 Meretz

Haredim
18 Shas & Am Shalem – Séfarades
06 Yahadout Hatorah – Ashkénazes

Arabes
07 Partis nationalistes arabes et islamistes
04 Parti communiste

Source

Une large coalition, mais pourquoi faire ?

Le gouvernement actuel en Israel était devant un challenge insurmontable : abroger la loi Tal (‘Hok Tal) et intégrer Haredim et arabes dans l’armée sans dérogation possible. Son échec déclencha la tenue de législatives anticipées en septembre plutot que courant 2013.

C’était sans compter sur le fin politicien qu’est Netanyahu.

Suite à la victoire des primaires de Kadima par Shaul Mofaz, plus proche des idées du Likus que Livni, Netanyahu a dévoilé la semaine dernière qu’un accord a été signé avec Mofaz pour intégrer Kadima dans un gouvernement d’union nationale. 94 députés sont maintenant alliés, ne laissant dans l’opposition que la gauche socialo-communiste, les partis arabes et Ichud Leumi tout à droite de l’échiquier politique local.

Officiellement, Netanyahu a annoncé que cette union permettra d’éviter ces élections anticipées, d’amender la loi Tal et de relancer les négociations avec les palestiniens. Mais certains analystes pensent que les 18 mois gagnés par Bibi lui permettra surtout de lancer une attaque sur les installations nucléraires iraniennes. Comme en 1967, où la droite fut invitée dans le gouvernement travailliste, seule une large coalition pourrait en effet déclencher une telle attaque. Le danger mortel que représente la bombe iranienne sur Israel est tel que la politique est laissée de côté, pour une fois.

Mofaz et Barak se retrouvent donc ensemble dans un gouvernement supposé de droite. Chacun a répondu que leurs partis se présenteraient seuls aux élections de 2013 et non avec le Likud. Kadima et Likud ont aussi comme objectif de réformer les lois électorales qui favorisent les petits partis grâce au système proportionnel pur israélien.

Une proposition serait de monter le score minimal à atteindre (actuellement 2 députés soit un peu plus de 2%) à 4% par pallier de 0.5 point. Habayit Hayehudi et Ichud Leumi ont déjà annoncé une liste commune aux prochaines élections pour éviter d’ête ejecté du parlement. Les partis arabes Ra »am, Ta »al et Balad seraient sans nul doute obliger de concourir ensemble. Une autre serait de faire élire la moitié de la Knesset par suffrage direct local en divisant le pays en 60 circonscriptions. Je suis curieux de voir comment la Judée et la Samarie seront « découpées » et surtout quel poid il leur sera donné. Ces propositions ne peuvent qu’apporter stabilité au système israélien qui souffre de l’érosion des partis traditionnels et des petites manoeuvres et combinaisons politiciennes des petites formations.