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Le bipartisme bientôt en Israël ?

29 octobre 2012 Laisser un commentaire

Netanyahu et Lieberman unissent leurs listes électoralesLa fusion des listes législatives de Likoud et Yisrael Beitenou relance l’intérêt d’une alliance similaire à gauche. Une bipolarisation de la vie politique est d’ailleurs souhaitée par beaucoup d’analystes et d’hommes politiques.

La presse israélienne, majoritairement à gauche, s’était déjà étalée sur un possible « mégaparti » regroupant les travaillistes (‘Avoda) et les centristes. Mais cette alliance me parait impossible pour plusieurs raisons :

  1. le nombre de personnalités à l’égo démesuré empêchera une telle union : Olmert (ancien premier ministre et leader de Kadima), Livni et Mofaz (K), Barak (ex-‘Avoda), Yacimovitch (‘Avoda) et Lapid (Yesh ‘Atid) pour ne nommer que les plus connus ;
  2. Yacimovitch a ouvertement déclaré qu’elle n’était pas intéressée par une alliance avec Kadima. Effectivement, pourquoi aider ce parti mourant quand les sondages lui donnent jusqu’à 15 sièges de plus que Kadima ?
  3. Lapid a également refusé une telle alliance. Le pilier de ce jeune mouvement est justement de ne pas entrer dans ces jeux politiciens.

Je pense qu’une union plus modeste pourrait sauver quelques canards boiteux en le regroupant. Elle aurait comme condition le retour d’Ehud Olmert qui, après son quasi-blanchiement dans des affaires d’abus de biens sociaux, se poserait en futur premier ministre fédérateur autour de plusieurs partis :

  • Kadima bien sur, actuellement dirigié par Mofaz, mais avec la présence de Tzipi Livni, battue aux primaires mais toujours populaire chez les bobos israéliens ;
  • Atsmaout : « Indépendance » est un petit parti d’ex-travaillistes mené par Ehud Barak. Opportuniste et sournois, il fait parti du gouvernement de Bibi mais a déjà été ministre sous Olmert !
  • HaYekourim : naturellement proche de Kadima, « Les Verts » israéliens pourraient ainsi avoir leur premier siège en apportant quelques milliers de voix à cette alliance ;
  • Meretz : moins probable, le petit parti d’extrême-gauche pourrait tout de même être tenté par une alliance après un nombre impressionnant de fusions stériles.

Wait & see…

Et pour répondre à la question posée dans le titre, un vrai bipartisme n’aura jamais lieu tant que les secteurs arabes et haredim, qui représentent un tiers de la population, ne seront pas vraiment représentés dans les grands partis de gauche ou de droite.

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Le temps des élections est arrivé… suite !

25 octobre 2012 Laisser un commentaire

Netanyahu et Lieberman unissent leurs listes électoralesAujourd’hui marque la date à laquelle les députés israéliens sont libres de quitter leurs partis pour en rejoindre un autre en vue des élections nationales prévues pour le 22 janvier. Je vous propose la suite du feuilleton politique israélien, qui a la particularité d’être rapide, amorale et hollywoodien.

La grosse annonce est l’annonce d’une liste commune entre le Likoud et Yisrael Beitenou ! Les sympatisants de droite en rêvaient, car elle marque l’ancrage nationaliste du Likud. Depuis le début de son mandat, Netanyahu n’avait cesse de tendre la main au centre gauche : le discours reconnaissant la solution de « deux états pour deux peuples », la présence des travaillistes au gouvernement, puis finalement que d’une faction fidèle à Barak, en témoigne encore aujourd’hui.

A priori, il n’y aura pas de parti unique mais seulement une liste commune nommé HaLikoud-Beitenou, lit. « La consolidation, notre maison ». Bibi sera premier sur la liste et Lieberman second, alors que les deux places suivantes seront réservées à des futurs députés du Likoud.

J’ai moi même du mal à voir l’intérêt pour Bibi d’une telle liste car, théoriquement, des listes séparées donneraient plus de sièges (certains détestant tellement l’autre parti qu’ils ne voteront pas pour une liste commune). Espérons y voir là les prémices d’un gouvernement purement nationaliste, Netanyahu se rendant compte qu’attirer des centristes ne sera pas possible une deuxième fois.

La deuxième bonne nouvelle est l’annonce officielle également de la liste commune de Habayit Hayehoudi et HaI’houd Leumi (« Maison juive » et « Union nationale ») pour tenter de retrouver les niveaux de feu-Mafdal. Les sionistes-religieux profitent en ce moment d’une bonne publicité de presse à travers leurs primaires.

Les derniers sondages donnaient systématiquement autour de 65 sièges au camp de la majorité nationaliste et religieuse, 45 à la gauche et une dizaine aux partis arabes.

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Le temps des élections est arrivé

11 octobre 2012 Laisser un commentaire

L’élection américaine est programmée pour le 8 novembre et Netanyahu a annoncé au Président Peres qu’une élection nationale anticipée aura lieu en Israël le 22 janvier 2013.

La cause n’est même pas un effondrement de la coalition de Netanyahu, qui a réussit à maintenir un gouvernement stable pendant 4 ans (une performance rare en Israël), mais est du budget 2013 qui n’a que peu de chance de passer sans moults ajustements et marchandages politiques.

Dans ce cas là, il est plus sage politiquement de provoquer de nouvelles élections, pour qu’une coalition puisse facilement diriger en cohérence avec les promesses électorales.

Le parti Kadima, fondé par Sharon avec des députés de centre-gauche et de centre-droit, dégringole dans les sondages depuis la tentative misérablement ratée de Mofaz de former un gouvernement d’union nationale avec Netanyahu. Si bien qu’à l’intérieur du groupe c’est le sauvre-qui-peut :

  • Hanegbi a rejoint le Likud, son ancienne famille, mais sans pouvoir rallier d’autres camarades ;
  • Livni, déchue de son poste de cheftaine de l’opposition, tenterait de recupérer le défunt parti Hetz créé en 1996 par un ancien du parti laïcard Shinouï ;
  • Ehud Olmert, qui fut le premier ministre plus détesté de l’histoire du pays, se tate pour revenir en politique maintenant que la justice ne peut plus rien contre lui (enfin presque).

Les centristes de gauche rêvent d’un méga-parti où se retrouverait tout ce petit monde Mofaz, Livni, Ramon, Olmert, Ashkenazi et même Yaïr Lapid, ce journaliste vedette qui a lancé son mouvement prometteur Yesh ‘Atid, copiant étrangement son père (homme politique lui aussi raté, décidément c’est une condition pour faire parti du centre-gauche ces temps-ci) quand il créa Shinouï.

La droite nationaliste est enfin unie puisque Habayit Hayedudi (l’ancien respecté Mafdal) fera liste commune avec I’hud Leumi.

Le député Taleb a-Sanaa propose d’unifier de la même manière les trois partis arabes pour peser plus lourd dans l’opposition où ils sont condamnés à résider. Pour réussir à réunir des islamistes et des communistes, je lui recommande de prendre conseil auprès de la gauche occidentale qui y arrive très bien depuis des années.

Et quand on sait que dans deux semaines, l’avocat général décidera de mettre en examen ou non le chef du deuxième parti du gouvernement, Yisrael Beitenu,  pour fraude et détournement de fonds, on sent qu’on aura un hiver plein de coups politiques bien tordus ! Pour le bien d’Israël ?…

Contre la position du missionnaire

22 juillet 2012 Laisser un commentaire

Un lobby chrétien israélien a envoyé la semaine dernière une copie de la Bible grecque traduite en hébreu à chacun des membres du parlement israélien.

Le geste n’a pas manqué d’énerver la majorité des partis politiques et de nombreux commentateurs. Il est affligeant de voir avec quel archarnement les adorateurs d’un juif tué par des italiens il y a 2000 ans s’obstinent à vouloir détruire le judaïsme partout où il se trouve. Même chez eux, il semble que les juifs ne soient pas à l’abri des missionnaires.

Le député du parti Ichud Leumi (Union Nationale) Michael Ben-Ari s’est fait prendre en photo en train de déchirer ce livre au motif qu’il constitue une injure au peuple juif qui a longtemps souffert de l’anti-sémitisme chrétien.

Ben Ari déchirant un "nouveau testament" à son bureau le 22 juillet 2012

L’Anti-Defamation League et l’American Jewish Committee ont condamné cet acte bisou-incompatible. Cette déclaration de guerre a même fait titiller le prépuce politiquement correct du porte-parole de la Knesset, et vieux membre du Likud, Reuven Rivlin.

Mais ce qui ennuit ces détracteurs, c’est que Michael n’a rien fait d’illégal. Il a juste déchiré une publicité arrivée dans sa boîte aux lettres.

Une large coalition, mais pourquoi faire ?

Le gouvernement actuel en Israel était devant un challenge insurmontable : abroger la loi Tal (‘Hok Tal) et intégrer Haredim et arabes dans l’armée sans dérogation possible. Son échec déclencha la tenue de législatives anticipées en septembre plutot que courant 2013.

C’était sans compter sur le fin politicien qu’est Netanyahu.

Suite à la victoire des primaires de Kadima par Shaul Mofaz, plus proche des idées du Likus que Livni, Netanyahu a dévoilé la semaine dernière qu’un accord a été signé avec Mofaz pour intégrer Kadima dans un gouvernement d’union nationale. 94 députés sont maintenant alliés, ne laissant dans l’opposition que la gauche socialo-communiste, les partis arabes et Ichud Leumi tout à droite de l’échiquier politique local.

Officiellement, Netanyahu a annoncé que cette union permettra d’éviter ces élections anticipées, d’amender la loi Tal et de relancer les négociations avec les palestiniens. Mais certains analystes pensent que les 18 mois gagnés par Bibi lui permettra surtout de lancer une attaque sur les installations nucléraires iraniennes. Comme en 1967, où la droite fut invitée dans le gouvernement travailliste, seule une large coalition pourrait en effet déclencher une telle attaque. Le danger mortel que représente la bombe iranienne sur Israel est tel que la politique est laissée de côté, pour une fois.

Mofaz et Barak se retrouvent donc ensemble dans un gouvernement supposé de droite. Chacun a répondu que leurs partis se présenteraient seuls aux élections de 2013 et non avec le Likud. Kadima et Likud ont aussi comme objectif de réformer les lois électorales qui favorisent les petits partis grâce au système proportionnel pur israélien.

Une proposition serait de monter le score minimal à atteindre (actuellement 2 députés soit un peu plus de 2%) à 4% par pallier de 0.5 point. Habayit Hayehudi et Ichud Leumi ont déjà annoncé une liste commune aux prochaines élections pour éviter d’ête ejecté du parlement. Les partis arabes Ra »am, Ta »al et Balad seraient sans nul doute obliger de concourir ensemble. Une autre serait de faire élire la moitié de la Knesset par suffrage direct local en divisant le pays en 60 circonscriptions. Je suis curieux de voir comment la Judée et la Samarie seront « découpées » et surtout quel poid il leur sera donné. Ces propositions ne peuvent qu’apporter stabilité au système israélien qui souffre de l’érosion des partis traditionnels et des petites manoeuvres et combinaisons politiciennes des petites formations.