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Posts Tagged ‘Yisrael Beiteinu’

Est-ce que la droite a perdu les élections au profit du centre ?

28 janvier 2013 Laisser un commentaire

Les médias israéliens et internationaux ont majoritairement souligné la supposé victoire du centre et semi-défaite de la droite à cause des 19 sièges gagnés par un nouveau parti centriste et les 11 sièges perdus par l’alliance Likoud-Yisrael Beitenou.

Cependant, une analyse plus fine par bloc montre que le centre a en réalité perdu du terrain au profit du la gauche. La raison est que la gauche socialiste fut écrasée par le positionnement au centre-gauche de Kadima dirigé par Livni en 2009 qui lui a mangé une partie de son électorat.

En 2013, Kadima sous Mofaz a perdu toute crédibilité et Yesh Atid s’est positionné au centre-droit (voir mon précédent post). Les électeurs désireux d’un gouvernement de centre-gauche sans Bibi se sont alors tournés vers ‘Avoda de Ya’himovitch, le Meretz de Gal-on ou le nouveau parti de Livni.

Ajouté à une forte mobilisation des sympathisants de gauche, cela explique que malgré un plus grand nombre d’électeurs, le centre et la droite perdent tous les deux du terrain à la Knesset.

La droite a aussi perdu les 100 000 voix obtenus par AmShalem et Otzma LeYisrael qui ont échoué très près du minimum à atteindre pour entrer à la Knesset. A cela s’ajoute un déplacement à l’intérieur de la droite des électeurs traditionnalistes du Likoud vers Bayit Yehudi.

Nombre de voix aux élections israéliennes du 19 janvier 2013 par bloc et comparaison avec la précédente Knesset

Nombre de voix aux élections israéliennes du 19 janvier 2013 par bloc et comparaison avec la précédente Knesset

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Le bipartisme bientôt en Israël ?

29 octobre 2012 Laisser un commentaire

Netanyahu et Lieberman unissent leurs listes électoralesLa fusion des listes législatives de Likoud et Yisrael Beitenou relance l’intérêt d’une alliance similaire à gauche. Une bipolarisation de la vie politique est d’ailleurs souhaitée par beaucoup d’analystes et d’hommes politiques.

La presse israélienne, majoritairement à gauche, s’était déjà étalée sur un possible « mégaparti » regroupant les travaillistes (‘Avoda) et les centristes. Mais cette alliance me parait impossible pour plusieurs raisons :

  1. le nombre de personnalités à l’égo démesuré empêchera une telle union : Olmert (ancien premier ministre et leader de Kadima), Livni et Mofaz (K), Barak (ex-‘Avoda), Yacimovitch (‘Avoda) et Lapid (Yesh ‘Atid) pour ne nommer que les plus connus ;
  2. Yacimovitch a ouvertement déclaré qu’elle n’était pas intéressée par une alliance avec Kadima. Effectivement, pourquoi aider ce parti mourant quand les sondages lui donnent jusqu’à 15 sièges de plus que Kadima ?
  3. Lapid a également refusé une telle alliance. Le pilier de ce jeune mouvement est justement de ne pas entrer dans ces jeux politiciens.

Je pense qu’une union plus modeste pourrait sauver quelques canards boiteux en le regroupant. Elle aurait comme condition le retour d’Ehud Olmert qui, après son quasi-blanchiement dans des affaires d’abus de biens sociaux, se poserait en futur premier ministre fédérateur autour de plusieurs partis :

  • Kadima bien sur, actuellement dirigié par Mofaz, mais avec la présence de Tzipi Livni, battue aux primaires mais toujours populaire chez les bobos israéliens ;
  • Atsmaout : « Indépendance » est un petit parti d’ex-travaillistes mené par Ehud Barak. Opportuniste et sournois, il fait parti du gouvernement de Bibi mais a déjà été ministre sous Olmert !
  • HaYekourim : naturellement proche de Kadima, « Les Verts » israéliens pourraient ainsi avoir leur premier siège en apportant quelques milliers de voix à cette alliance ;
  • Meretz : moins probable, le petit parti d’extrême-gauche pourrait tout de même être tenté par une alliance après un nombre impressionnant de fusions stériles.

Wait & see…

Et pour répondre à la question posée dans le titre, un vrai bipartisme n’aura jamais lieu tant que les secteurs arabes et haredim, qui représentent un tiers de la population, ne seront pas vraiment représentés dans les grands partis de gauche ou de droite.

Le temps des élections est arrivé

11 octobre 2012 Laisser un commentaire

L’élection américaine est programmée pour le 8 novembre et Netanyahu a annoncé au Président Peres qu’une élection nationale anticipée aura lieu en Israël le 22 janvier 2013.

La cause n’est même pas un effondrement de la coalition de Netanyahu, qui a réussit à maintenir un gouvernement stable pendant 4 ans (une performance rare en Israël), mais est du budget 2013 qui n’a que peu de chance de passer sans moults ajustements et marchandages politiques.

Dans ce cas là, il est plus sage politiquement de provoquer de nouvelles élections, pour qu’une coalition puisse facilement diriger en cohérence avec les promesses électorales.

Le parti Kadima, fondé par Sharon avec des députés de centre-gauche et de centre-droit, dégringole dans les sondages depuis la tentative misérablement ratée de Mofaz de former un gouvernement d’union nationale avec Netanyahu. Si bien qu’à l’intérieur du groupe c’est le sauvre-qui-peut :

  • Hanegbi a rejoint le Likud, son ancienne famille, mais sans pouvoir rallier d’autres camarades ;
  • Livni, déchue de son poste de cheftaine de l’opposition, tenterait de recupérer le défunt parti Hetz créé en 1996 par un ancien du parti laïcard Shinouï ;
  • Ehud Olmert, qui fut le premier ministre plus détesté de l’histoire du pays, se tate pour revenir en politique maintenant que la justice ne peut plus rien contre lui (enfin presque).

Les centristes de gauche rêvent d’un méga-parti où se retrouverait tout ce petit monde Mofaz, Livni, Ramon, Olmert, Ashkenazi et même Yaïr Lapid, ce journaliste vedette qui a lancé son mouvement prometteur Yesh ‘Atid, copiant étrangement son père (homme politique lui aussi raté, décidément c’est une condition pour faire parti du centre-gauche ces temps-ci) quand il créa Shinouï.

La droite nationaliste est enfin unie puisque Habayit Hayedudi (l’ancien respecté Mafdal) fera liste commune avec I’hud Leumi.

Le député Taleb a-Sanaa propose d’unifier de la même manière les trois partis arabes pour peser plus lourd dans l’opposition où ils sont condamnés à résider. Pour réussir à réunir des islamistes et des communistes, je lui recommande de prendre conseil auprès de la gauche occidentale qui y arrive très bien depuis des années.

Et quand on sait que dans deux semaines, l’avocat général décidera de mettre en examen ou non le chef du deuxième parti du gouvernement, Yisrael Beitenu,  pour fraude et détournement de fonds, on sent qu’on aura un hiver plein de coups politiques bien tordus ! Pour le bien d’Israël ?…